La légende du petit colibri

Petit colibri responsable
Petit colibri responsable.
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux étaient terrifiés, atterrés, et ils observaient, impuissants, le désastre.

Seul, le petit colibri s’activait, allant sans cesse à la rivière pour ramener quelques gouttes d’eau dans son bec afin de les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cet incessant va-et-vient, lui dit :

– Colibri ! Es-tu devenu fou ? Toute cette agitation est dérisoire. Ce n’est pas avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre l’incendie !

– Je le sais, répondit le petit colibri, mais je fais ma part.

Selon Pierre Rabhi, écologiste, philosophe et écrivain, fondateur du mouvement Colibris, nous pouvons tous avoir la même détermination que cet humble petit oiseau. Faisons notre part en ce monde, même si elle paraît insignifiante, car en fait, elle ne le sera pas. Chaque action positive compte, aussi modeste soit-elle.

Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.


Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995.

Pour aller plus loin :

Ardent défenseur de la biodiversité, des solutions agroécologiques, de la beauté et de la vie sous toutes ses formes, agriculteur, écrivain et conférencier, Pierre Rabhi nous invite dans son dernier ouvrage Vers la sobriété heureuse, à réfléchir à une nouvelle forme de société différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, notamment dans les relations entre les hommes et relativement à notre lien à la Terre.

Je suis né dans le désert, dans cette immensité aride où seule l’eau peut donner la vie. La rareté de l’eau lui donne une immense valeur. Les deux tiers de notre physiologie en sont composés. Sans cet élément substantiel, seule la désolation pourrait prospérer. Aussi doit-on la considérer avec le respect dû au Sacré. Ce cristal liquide porte en lui toute la mémoire de notre magnifique planète, mais sommes-nous vraiment conscients de tout cela ? Lire la suite sur le blog de Pierre Rabhi

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